Les chemins qui mènent à l’itinérance
Lorsque les gens pensent à l’itinérance, ils peuvent avoir à l’esprit un seul type de personne qui en est affecté. En réalité, l’itinérance est vécue par des personnes dans un grand éventail de circonstances. En fait, il y a beaucoup de jeunes au Canada et dans le monde qui n’ont pas de logement stable.
Une étude récente a cherché à en savoir plus sur cette crise naissante (Gaetz et al., 2016) et a permis de découvrir une image plus claire des jeunes en situation d’itinérance.
Ce que nous savons sur l’itinérance chez les jeunes
Entre 35 000 et 45 000 jeunes environ vivent une expérience d’itinérance chaque année au Canada.
Environ 40 % des jeunes en situation d’itinérance ont vécu leur première expérience d’itinérance avant l’âge de 16 ans.
Le taux d’abandon scolaire chez les jeunes en situation d’itinérance est de plus de 50 %, ce qui est bien supérieur au taux de l’ensemble des élèves du secondaire (9 %).
Dans Sans domicile : Un sondage national sur l’itinérance chez les jeunes (Gaetz et al., 2016), on apprend que les interventions arrivent trop tard pour mettre fin à l’expérience de l’itinérance d’une jeune personne. Ce rapport a souligné que 40 % des jeunes de l’étude ont connu leur première épisode d’itinérance avant l’âge de 16 ans, alors que souvent les organismes de lutte contre l’itinérance offrent des services à partir de l’âge de 16 ou 18 ans. (Gaetz et al, 2020, p. 38)
Parmi les jeunes en situation d’itinérance :
- Entre 25 % et 40 % des jeunes en situation d’itinérance s’identifient comme 2SLGBTQ+.
- De nombreux jeunes ont des problèmes de santé mentale et de toxicomanie.
- La moitié des jeunes en situation d’itinérance ont été victimes de violence physique. Presque ¼ ont subi la violence sexuelle.
- Près de 60 % ont déjà eu affaire à la protection de l’enfance.
(Gaetz et al., 2016; Abramovich, 2016)
L’âge moyen de la première expérience d’itinérance est de 16 ans.
30 % de l’échantillon des jeunes étaient autochtones; 13,5 % étaient noirs.
Près de 50 % ont déclaré avoir fait une tentative de suicide.
40 % ont signalé des problèmes de consommation de substances.
13 % ont passé du temps en prison.
Source: Sans domicile (Gaetz et al., 2016)
Au Canada, les Autochtones, les personnes racisées, les nouveaux arrivants et les personnes LGBTQ2S+ sont surreprésentés parmi les jeunes en situation d’itinérance.
Beaucoup de ces jeunes passent entre les mailles du filet. Les jeunes ne se considèrent peut-être pas comme des « sans-abris » ou ne sont peut-être pas au courant des services disponibles. D’autres adultes importants dans leur vie (tels que les voisins, les parents ou les éducateurs) peuvent ne pas connaître les services destinés aux jeunes en situation d’itinérance.
Services pour les jeunes en situation d’itinérance
Les refuges d’urgence fonctionnent à plus de 90 % de leur capacité (85 % pour les refuges pour jeunes), et la durée moyenne de séjour augmente pour les familles et les adultes de plus de 50 ans (Étude nationale sur les refuges, 2005-2016). La demande de lits de refuge a augmenté en raison de séjours plus longs. Les séjours en refuge pour jeunes durent en moyenne environ 10 jours.
Les refuges pour jeunes ont des conditions d’entrée basées sur l’âge, avec une limite d’âge supérieure allant de 18 à 25 ans. Les refuges pour jeunes ont tendance à être plus petits que les refuges généraux, avec une moyenne de 15 lits. La plupart des refuges pour jeunes au Canada sont mixtes (74), mais certains ne desservent que de jeunes hommes (12) ou de jeunes femmes (7). Le pourcentage de jeunes non accompagnés âgés de 13 à 24 ans qui ont eu recours aux refuges en 2016 était d’environ 17,3 %, ce qui représente environ 20 000 jeunes. Le taux d’utilisation des refuges pour les jeunes de 15 à 19 ans a diminué au fil du temps, passant de 64 % (par 10 000) en 2005 à moins de 40 % (par 10 000) en 2016.
Bien qu’il existe au Canada près d’une centaine de refuges d’urgence destinés spécifiquement aux jeunes, plus de la moitié des séjours en refuge effectués par des jeunes au cours de la période étudiée l’ont été dans d’autres types de refuges (voir le tableau 5). Les jeunes hommes étaient plus susceptibles de fréquenter des refuges généraux que des refuges pour jeunes. Une minorité importante (16,0 %) de jeunes femmes s’est rendue dans des refuges pour familles et des refuges pour femmes ou pour femmes avec enfants.
Références
Abramovich, A. (2016). Preventing, Reducing and Ending LGBTQ2S Youth Homelessness: The Need for Targeted Strategies. Vol 4, No 4 (2016): Homelessness and Social Inclusion https://doi.org/10.17645/si.v4i4.669
Gaetz, S., O’Grady, B., Kidd, S. et Schwan, K. (2016). Sans domicile : un sondage national sur l’itinérance chez les jeunes. Toronto : Presse de l’Observatoire canadien sur l’itinérance.
Gaetz, S., Morton, E., Borato, M., Story, C. (2020). Guide de programme Youth Reconnect : Une approche d’intervention précoce pour prévenir l’itinérance chez les jeunes. Toronto : Presse de l’Observatoire canadien sur l’itinérance.